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Taha Abderrahmane et la Méthodologie de Modélisation Intellectuelle (MANHAJ)

Référentiel, sens et origine des coordonnées

Introduction de la comparaison

Du ré-ancrage de l’acte à la modélisation de ses conditions

Cette comparaison ne part pas d’une mise en concurrence entre Taha Abderrahmane et la MANHAJ, ni d’une quelconque dévalorisation de la valeur de son projet philosophique, mais d’une tentative de déterminer le niveau du travail méthodologique dans chacun des deux projets et de mettre au jour les points de convergence et de différence dans la manière de construire la pensée et de traiter le référentiel et le sens.

Le projet de Taha Abderrahmane se distingue par une tentative consciente de ré-ancrer l’acte philosophique à l’intérieur du référentiel islamique, en travaillant sur la langue, le concept, la logique et l’éthique de manière à permettre la construction d’un horizon intellectuel qui ne fait pas du modèle occidental un référentiel final. Quant à MANHAJ, elle avance vers un autre niveau de questionnement ; elle est méthodologiquement antérieure à tout modèle doctrinal déterminé et ne part pas d’un modèle doctrinal déterminé pour reconstruire la pensée de l’intérieur, mais fait de l’origine des coordonnées, du domaine conceptuel, de la coordonnée du sens et des relations qui en dérivent un objet explicite d’examen et de modélisation. Ainsi, le projet de Taha travaille à refonder la pensée à l’intérieur d’un référentiel islamique déterminé, tandis que MANHAJ travaille au niveau qui précède cela, c’est-à-dire sur les conditions de formation du modèle doctrinal lui-même, et sur la manière dont les domaines, les sens et les actes cognitifs en dérivent.

La comparaison n’est donc pas ici entre un projet « éthique » et un projet « d’ingénierie », ni entre « l’esprit » et « la machine », mais entre deux niveaux de travail sur la fondation de la pensée : reconstruire l’acte philosophique de l’intérieur du référentiel, et modéliser les conditions dans lesquelles le sens et l’acte cognitif prennent naissance.

Cadre méthodologique

Trois questions qui déterminent la place de Taha Abderrahmane dans la comparaison

01

D’où commence le ré-ancrage ?

La seule restauration du référentiel islamique et la reconstruction des concepts de l’intérieur suffisent-elles, ou faut-il que l’origine du domaine épistémique lui-même devienne objet d’examen ?

02

Comment le sens se détermine-t-il ?

La libération du concept et son ré-ancrage déterminent-ils suffisamment son sens, ou le sens varie-t-il selon sa coordonnée à l’intérieur du domaine conceptuel et les relations dans lesquelles il s’organise ?

03

Quel est le niveau de l’acte cognitif ?

S’agit-il de reconstruire la pensée et l’acte philosophique, ou de passer à la modélisation de la structure qui rend cet acte possible et qui en détermine les conditions et le parcours ?

Comparaison détaillée

Quatre axes de comparaison — MANHAJ

1. Référentiel et origine des coordonnées
Taha Abderrahmane

Il cherche à restaurer le référentiel islamique dans la construction de l’acte philosophique et ne considère pas la modernité occidentale comme le référentiel final autour duquel la pensée islamique devrait s’organiser.

MANHAJ

Elle ne se contente pas de demander quel est le référentiel déclaré par le penseur, mais demande quelle est l’origine des coordonnées à partir de laquelle le domaine épistémique se déploie, et quelle est la centralité autour de laquelle s’organisent ses concepts, ses sens et ses actes cognitifs.

2. Concept et coordonnée du sens
Taha Abderrahmane

Il accorde à la langue et au concept une place centrale et travaille à libérer les concepts et à les ré-ancrer dans l’usage arabe, ainsi qu’à dépasser la dépendance terminologique par la création conceptuelle.

MANHAJ

Elle ne considère pas le concept comme porteur d’un sens fixe hors du contexte, mais considère que le sens se détermine par sa coordonnée à l’intérieur du domaine conceptuel. Ainsi, le transfert d’un concept n’implique pas nécessairement le transfert de son sens d’un domaine à un autre.

3. Rapport au domaine épistémique antérieur
Taha Abderrahmane

Il ne se limite pas à consommer des concepts prêts à l’emploi, mais travaille à les reconstruire et à les ré-ancrer, et recherche une possibilité philosophique islamique indépendante dans la langue, la logique et l’éthique.

MANHAJ

Elle ajoute une question a priori : quelles sont les conditions du domaine dans lequel nous nous déplaçons ? Quelle est son origine des coordonnées, ses coordonnées et ses relations ? La question ne concerne donc pas les concepts seuls, mais la structure qui fait que ces concepts remplissent leurs significations et leurs fonctions.

4. Niveau de l’acte : reconstruction contre modélisation des conditions de construction
Taha Abderrahmane

Le projet tend à reconstruire l’acte philosophique et humain sur une base référentielle et éthique, et à relier la réflexion à l’acte, au travail et à la responsabilité.

MANHAJ

Elle passe à un niveau qui étudie les relations dans lesquelles s’organisent le référentiel, le sens, les concepts et l’acte cognitif, et fait de cette structure elle-même un objet d’analyse, de représentation et de modélisation.

Point de convergence et de différence

Taha Abderrahmane : une tentative de ré-ancrage

Le projet de Taha Abderrahmane rejoint la Méthodologie de Modélisation Intellectuelle dans le refus de se contenter de la consommation des connaissances, et dans le fait de considérer le référentiel, la langue et les concepts comme des éléments décisifs de l’indépendance de l’acte intellectuel. Il se distingue ainsi radicalement du modèle du penseur qui se déplace à l’intérieur d’un domaine épistémique antérieur sans en interroger les fondements.

Mais la différence apparaît dans le niveau du regard. Taha oriente son projet vers la reconstruction et le ré-ancrage de l’acte philosophique, tandis que MANHAJ fait de la structure dans laquelle cet acte s’organise un objet explicite d’examen : la centralité doctrinale, l’origine des coordonnées, le domaine conceptuel, la coordonnée du sens, puis l’acte cognitif.

Formule condensée:
Taha Abderrahmane cherche à ré-ancrer l’acte philosophique à l’intérieur du référentiel islamique, tandis que MANHAJ cherche à modéliser les conditions du ré-ancrage et la structure du domaine dans lequel le sens et l’acte prennent naissance.
Conclusion

Convergence dans l’ambition fondatrice, différence dans le niveau de travail

La valeur de la comparaison ne réside pas dans la démonstration que l’un des deux projets annule l’autre, mais dans la détermination de la place de chacun. Taha Abderrahmane représente une tentative philosophique consciente de reconstruire l’acte intellectuel à l’intérieur du référentiel islamique, avec une attention particulière portée à la langue, au concept, à la logique et à l’éthique.

Quant à MANHAJ, elle avance vers une question structurelle : comment se constituent les domaines qui produisent les sens, les concepts et les actes cognitifs ? Quelle est l’origine des coordonnées autour de laquelle ils s’organisent ? Et comment la valeur du sens change-t-elle lorsque sa coordonnée change ?

La différence peut donc être résumée ainsi : Taha travaille à ré-ancrer la pensée, tandis que MANHAJ travaille à modéliser les conditions de fondation de la pensée et le mouvement du sens en son sein.

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Pour les chercheurs et les étudiants de troisième cycle, deux formats de citation prêts à l’emploi sont proposés.

Messeoud, F. (2026). Taha Abderrahmane et la Méthodologie de Modélisation Intellectuelle (MANHAJ) : référentiel, sens et origine des coordonnées. MyPortail. https://www.myportail.com/fr/compare_taha_faouzi_messeoud_logic_fr.php