Qu’est-ce que la Méthodologie de modélisation intellectuelle ?
Nom d’usage : MANHAJ.
Nom officiel : Méthodologie de Modélisation Intellectuelle.
Cette page constitue la présentation définitionnelle et méthodologique publiée de la Méthodologie de modélisation intellectuelle. Elle présente l’architecture de la méthodologie, ses théories constitutives, ses lois directrices et ses mécanismes opérationnels tels qu’ils ont été formulés et développés par Faouzi Messeoud.
Ce document constitue une référence pour l’architecture et l’organisation méthodologique présentées ici. Il ne constitue pas une liste fermée de toutes les théories, lois, modèles ou applications que la méthodologie pourra produire dans des recherches ultérieures.
Référence de la version : Faouzi Messeoud, Définition et architecture méthodologique de la Méthodologie de modélisation intellectuelle, MyPortail, version 1.0, 9 septembre 2026.
Relation avec le glossaire : La terminologie utilisée sur cette page s’appuie sur le Glossaire des termes de la Méthodologie de modélisation intellectuelle, qui constitue la référence terminologique des concepts et définitions, tandis que cette page présente le cadre architectural montrant comment ces concepts, théories, lois et mécanismes s’organisent au sein de la méthodologie.
La Méthodologie de modélisation intellectuelle n’est ni une théorie unique ni un ensemble fermé de lois. Elle constitue une méthode de regard qui mobilise le raisonnement mathématique et algorithmique pour aborder les phénomènes et construire des concepts, des relations, des modèles et des lois permettant de les représenter, de les analyser et de les mesurer.
Elle constitue une méthodologie transdisciplinaire, qui ne se limite pas à un champ de connaissance particulier. Sur le plan méthodologique, elle est a priori par rapport à l’acte cognitif disciplinaire : elle ne présuppose pas nécessairement l’existence du champ épistémique à travers lequel un sujet est abordé comme une donnée préalable soustraite à l’examen. Elle peut au contraire examiner l’existence du champ épistémique lui-même, ses fondements, ses référentiels et la justesse de l’approche du sujet à travers lui avant d’entrer dans son activité cognitive détaillée.
Cette position a priori découle de la Loi de la justesse, qui place la question de la permissibilité avant celle des détails : est-il permis, en premier lieu, de constituer un tel champ ou d’aborder le sujet à travers lui ? Pour cette raison, la méthodologie ne peut être réduite à la simple application de ses outils à l’intérieur d’un champ épistémique existant. Faire du champ existant le référentiel préalable à partir duquel la méthodologie elle-même serait jugée, alors que ce champ peut lui-même être l’objet de l’examen, peut conduire à une circularité méthodologique : le cadre soumis à l’examen devient le cadre utilisé pour juger l’instrument de l’examen.
Ainsi, dans sa dimension a priori, la méthodologie passe de l’examen du fondement et de la justesse à l’acceptation du champ ou à la mise en question de son fondement, puis à l’étude de l’activité cognitive qui s’y déploie et des connaissances, modèles, relations et résultats qu’elle produit. Cette position a priori ne signifie pas que la méthodologie ne peut pas être utilisée à l’intérieur des disciplines ; elle signifie qu’elle n’est pas tenue par les présupposés internes d’un champ lorsque ce champ lui-même constitue l’objet de l’examen.
Dans cette architecture, la méthodologie repose sur trois théories constitutives et sept lois directrices, ainsi que sur les systèmes de configuration mentale, les mécanismes et les définitions méthodologiques. Les trois théories constitutives sont la Théorie de la connexion immatérielle, la Théorie de la centralité doctrinale et la Théorie du sens, tandis que les lois se répartissent entre les lois de l’approche et du fondement et les lois mathématiques et systémiques.
Lois de l’approche et du fondement:
Lois mathématiques et systémiques:
La Définition fonctionnelle par coordonnées du concept relève des mécanismes et définitions méthodologiques et n’entre pas dans le décompte des lois.
L’architecture méthodologique est un modèle conceptuel de conception structurelle qui montre comment la méthodologie passe de l’approche et du fondement à la modélisation mathématique et algorithmique, puis à l’interprétation et à la mesure, tout en laissant ouvert le champ à d’autres modèles et lois que la méthodologie pourra produire dans des études ultérieures.
Nom d’usage : MANHAJ.
Nom officiel : Méthodologie de Modélisation Intellectuelle (Intellectual Modeling Methodology).
Caractérisation méthodologique : Une méthodologie transdisciplinaire, a priori par rapport à l’acte cognitif disciplinaire, qui mobilise le raisonnement mathématique et algorithmique pour aborder les phénomènes intellectuels, épistémiques et humains, en transformant les relations, concepts, mouvements et trajectoires en structures susceptibles d’être représentées, analysées, dérivées, intégrées et mesurées.
Principe général : La méthodologie ne se limite pas à une théorie particulière ; les théories, lois et modèles présentés dans cette architecture ne sont qu’une partie de ce qu’elle a produit et peut produire. L’architecture demeure donc un cadre générateur et non une liste fermée de composants.
Ce niveau repose sur trois théories constitutives qui abordent des aspects liés mais distincts de l’influence, du référentiel et du sens : la Théorie de la connexion immatérielle, la Théorie de la centralité doctrinale et la Théorie du sens. La page précise la fonction de chacune au sein de la méthodologie, les développements détaillés étant renvoyés à leurs pages dédiées.
Définition : Une théorie qui explique la persistance de l’influence et de la domination par des connexions immatérielles formées entre les acteurs et les sujets affectés, à travers la culture, la langue, l’éducation, les médias et d’autres domaines d’influence. Cette connexion repose sur la transmission des significations, des représentations, des valeurs et des modes de pensée, permettant à l’effet de la relation de se maintenir sans nécessiter la continuité d’un lien matériel direct.
Structure de la théorie : La relation est représentée sous la forme d’un réseau de nœuds, de liens, d’acteurs et de sujets affectés. Les nœuds peuvent être des personnes, des institutions, des concepts ou des domaines, tandis que les connexions immatérielles permettent à l’influence de circuler entre eux au-delà du contact matériel direct.
Fonctionnement : La connexion immatérielle se forme à travers des systèmes d’influence ; l’effet passe d’un acteur à un sujet affecté par des liens immatériels. Dans le domaine mental, cela apparaît à travers les étapes de bombardement mental, déracinement mental et transformation mentale, conduisant à reconfigurer la structure mentale du sujet affecté et à modifier le référentiel dans lequel il évolue.
Propriété de croissance : Toute connexion immatérielle croît de manière exponentielle avec la continuité de la relation et l’accumulation des interactions. L’ampleur visible de cette croissance varie selon l’étendue temporelle suivie et observée, et non selon que la connexion serait de nature exponentielle ou non.
Ce que la théorie explique : Elle explique comment une influence immatérielle peut s’étendre au sein d’un réseau de relations et comment une relation peut passer d’un effet limité à une structure étendue dont l’effet est reproduit par des relations et interactions successives.
Définition : Une théorie qui étudie la manière dont un système intellectuel et doctrinal donné devient un centre et un référentiel supérieur à partir duquel sont mesurés les valeurs, les idées et les comportements. Dans ses applications au réel contemporain, elle étudie comment un système dominant peut devenir le référentiel auquel sont rapportées les représentations d’autres sociétés, entraînant le déplacement du référentiel originel et son remplacement par un autre.
La centralité doctrinale comme système d’exploitation : Dans la méthodologie, la centralité doctrinale n’est pas comprise comme une idée partielle du système, mais comme le système d’exploitation référentiel qui détermine le référentiel et l’origine des coordonnées autour desquels s’organise le domaine conceptuel, et par rapport auxquels se déterminent les valeurs, les idées, les relations et les significations.
Origine des coordonnées : Une fois le référentiel central établi mathématiquement, il représente l’origine des coordonnées (0,0,0) par rapport à laquelle sont mesurées les positions des significations et des relations dans le domaine conceptuel.
Domaine conceptuel : Du centre émerge un domaine de significations et de relations, structurellement analogue à l’idée de champ ; les positions et les directions des significations y sont déterminées par rapport à l’origine.
Fonctionnement : Lorsque le référentiel originel est déplacé et qu’un autre centre prend sa place, les concepts ne perdent pas leur existence linguistique ; les positions de leurs significations et de leurs relations changent dans le nouveau domaine conceptuel. Le nouveau centre devient ainsi le référentiel permettant de déterminer la valeur, la direction, la distance et l’écart.
Ce que la théorie explique : Elle explique comment le référentiel gouvernant le sens peut passer d’une centralité à une autre et comment le changement de centre affecte les concepts, les systèmes subordonnés et les comportements qui évoluent dans le domaine conceptuel.
Définition : Une théorie, formulée et développée par Faouzi Messeoud dans le cadre de la Méthodologie de modélisation intellectuelle, qui traite le sens comme un objet à part entière de la modélisation, et non comme une simple propriété du concept, de la langue ou de l’action.
Structure de la théorie : Elle considère un seul et même sens à travers trois niveaux d’abstraction : le sens comme matière, le sens comme parcours et le sens comme dialectique. Ces niveaux portent sur le contenu du sens, la variation de la valeur de ce contenu dans le temps et le processus qui agit dans sa matière et produit sa variation.
Représentation : Le contenu référentiel du sens est représenté par le vecteur 𝐌₀, tandis que le contenu du sens au temps t est représenté par le vecteur 𝐌(t). Lorsque le domaine conceptuel est fixe dans le modèle étudié, l’équivalence 𝐌(t) ≡ 𝐏(t) est adoptée entre la représentation du sens et la représentation par coordonnées de la position de son contenu.
Domaine conceptuel : Le domaine conceptuel constitue le cadre dans lequel se déterminent le sens du concept et sa représentation par coordonnées ; la formulation mathématique du sens est donc définie dans un domaine conceptuel déterminé.
Ce que la théorie explique : Elle explique comment le sens peut être étudié du point de vue de sa matière, de son parcours et de sa dialectique, et comment peuvent être étudiées la variation de la valeur de son contenu, sa transmission, sa réception et sa reproduction, tout en considérant la variation du domaine conceptuel comme une question distincte de modélisation.
Détails : Page complète de la Théorie du sens →
Des systèmes qui agissent sur la structure mentale du sujet affecté. Les cercles de l’éducation, de la formation culturelle et des médias sont au premier plan en tant que principaux cercles de l’influence mentale immatérielle. Cela ne signifie pas qu’ils épuisent tous les niveaux d’influence dans le réel.
Un système chargé de développer les capacités de perception et de réception et de former les cadres dans lesquels l’esprit évolue.
Un système qui influence les normes, les symboles, les modèles et les représentations mentales dans lesquels se forment l’individu et la société.
Un système qui influence la formation des représentations, des attitudes et des récits, ainsi que l’orientation de l’attention et de l’opinion publique.
La configuration mentale fonctionne à travers trois étapes interdépendantes :
Ainsi, la configuration décrit l’action du système, tandis que le bombardement, le déracinement et la transformation en constituent les étapes détaillées de fonctionnement.
Ce niveau détermine comment le regard doit commencer avant d’entrer dans les détails épistémiques et ce qui doit être examiné au stade du fondement précédant la recherche détaillée.
Elle appelle à aborder le phénomène selon la centralité du système et de l’idée, plutôt que selon la centralité de l’échantillon, et à considérer l’acte comme une trajectoire temporelle plutôt que comme un point isolé. L’objectif est d’élever le niveau d’abstraction afin d’embrasser la structure et la trajectoire au lieu de rester prisonnier des détails d’un échantillon ou d’un événement isolé.
Dimensions de la loi : centralité des systèmes, centralité de l’idée et centralité de l’acte comme trajectoire temporelle.
Regard a posteriori : un regard qui part du champ épistémique existant et opère dans ses cadres ; il dépend donc du fondement antérieur présupposé par le champ.
Regard a priori : un regard qui revient aux fondements antérieurs à la formation du champ épistémique lui-même et ne se contente pas d’accepter la trajectoire existante. Dans ce modèle, il constitue un regard intellectuel intégratif, par opposition au regard épistémique dérivatif a posteriori.
Cette dualité est liée à la dualité de la connaissance comme dérivation et de la pensée comme intégration : la connaissance va de l’origine vers les détails, tandis que la pensée rassemble les domaines et les détails en direction du fondement global.
La justesse est un regard antérieur à l’entrée dans les détails épistémiques ; elle examine la possibilité même de traiter le sujet avant de le soumettre aux statistiques, aux échantillons, aux spécialistes et aux autres outils de recherche détaillée.
Elle peut être comprise structurellement par analogie avec la recherche du domaine d’existence d’une fonction mathématique : avant d’étudier ses valeurs et ses propriétés, il faut vérifier les conditions de son existence et de sa définition. De même, la question de la possibilité de traiter le sujet précède celle des détails.
Valeur logique de la justesse : le binaire permis / non permis. Dans cette conception, elle découle du fondement doctrinal et précède la formation du champ épistémique.
Ce qui n’est pas permis ne peut avoir de détails valides
Cela ne signifie pas que la recherche scientifique à l’intérieur du champ est nécessairement incorrecte ; cela signifie que la scientificité et la validité épistémique ne sont pas équivalentes à la justesse. Une démarche peut être scientifique dans ses outils, tandis que la question de la possibilité de traiter son objet ou son cadrage lui reste antérieure.
À ce niveau, les principes précédents sont transformés en représentations, lois et mécanismes mathématiques et algorithmiques applicables et mesurables.
L’origine est le centre des coordonnées par rapport auquel sont mesurées les positions du contenu des significations, des relations, des systèmes et des comportements dans le domaine conceptuel. La centralité doctrinale est le référentiel qui occupe ce point dans le modèle.
Connaissance : dérivation — mouvement allant d’une origine ou d’un référentiel connu vers les éléments, les détails et les relations qui en dépendent.
f(x) → f'(x) = df/dx
Dans cette conception, la dérivation représente un mouvement mental allant de l’origine ou du référentiel connu vers les détails, relations et résultats qui en découlent.
Pensée : intégration — mouvement qui rassemble les domaines et détails dispersés et les reconnecte en direction du fondement global.
∫ f(x) dx = F(x) + C
Dans cette conception, l’intégration représente un mouvement mental qui rassemble ce qui est dispersé et reconstruit les relations en direction du tout et du fondement dans lequel elles s’ordonnent.
Toute connexion immatérielle croît de manière exponentielle avec la continuité de la relation et l’accumulation des interactions. Ce qui apparaît de cette croissance varie selon l’étendue du domaine temporel suivi et observé, et non selon que la connexion serait exponentielle ou non.
La loi établit que la dérivation d’une signification fermée traitée comme une constante ne produit pas de variation de valeur. Dans un contexte de dépendance, importer une signification toute faite comme constante puis la recycler dans un système local sans la refonder produit une connaissance répétitive et stérile, liée au concept de Chatter et stérilité du discours.
Note conceptuelle : cela ne signifie pas que tout référentiel fixe est égal à zéro ; il s’agit de la constante épistémique fermée dont le sens n’est pas redérivé au sein du système.
Le concept en lui-même est un commun linguistique non temporel et ne se réduit ni à un point ni à un nœud. Mais lorsque le sens du concept est déployé dans un domaine conceptuel donné, son contenu reçoit une position déterminée par coordonnées dans le domaine par rapport à l’origine. Dans le modèle à domaine conceptuel fixe, cette position est représentée par le vecteur 𝐌(t) ≡ 𝐏(t).
Si P₀ représente la position de référence du sens du concept par rapport à l’origine, et Pᵢ la position du comportement de l’individu lié à ce sens, le vecteur séparant les deux positions est donné par :
Vᵢ = Pᵢ − P₀
Le vecteur Vᵢ représente l’écart de coordonnées entre le sens de référence et sa position dans le comportement. Il peut ainsi servir à représenter le sens du concept et à mesurer la relation entre référentiel et comportement, plutôt qu’à simplement décrire le concept linguistiquement.
Modèle illustratif — le concept de « dignité » :
La théorie générale ne fixe ni le nombre ni la nature des dimensions du vecteur ; la représentation peut être multidimensionnelle selon l’objet de l’étude, et la formulation détaillée de ces dimensions est laissée aux recherches appliquées ultérieures.
Conclusion architecturale :
Ces cinq niveaux constituent une architecture génératrice de la Méthodologie de modélisation intellectuelle : la méthodologie commence par déterminer la nature de l’approche et ses fondements, s’appuie ensuite sur ses théories constitutives et étudie les systèmes de configuration mentale, avant de transformer les phénomènes en lois et représentations mathématiques et algorithmiques analysables et mesurables. Cette architecture n’épuise pas l’ensemble des modèles et lois que la méthodologie peut produire.
Pour les chercheurs et les étudiants de troisième cycle souhaitant citer cette page dans leurs travaux académiques, deux formats de citation prêts à l’emploi sont proposés :