La référence
Comment l’islam apparaît-il dans le projet d’Izetbegović comme référence fondamentale pour construire une vision humaine et civilisationnelle ?

Examen méthodologique de la référence, du sens, du domaine conceptuel et de l’origine coordonnée
Cet examen ne part ni d’une hiérarchisation entre Ali Izetbegović et la MANHAJ, ni d’une réduction de la valeur du projet d’Izetbegović. Elle cherche plutôt à déterminer le lieu du mouvement méthodologique dans chaque projet : quelle référence organise le regard ? Comment l’être humain y est-il compris ? D’où le sens se déploie-t-il ? Et comment les dimensions spirituelle, matérielle et éthique s’organisent-elles dans la construction de la vision ?
L’examen est important parce qu’Izetbegović mobilise l’islam comme référence fondationnelle pour penser l’être humain, la vie et la civilisation, et résiste à la réduction de l’être humain à une seule dimension. La MANHAJ, quant à elle, avance vers un autre niveau méthodologique en faisant de l’origine coordonnée, du domaine conceptuel, de la coordonnée du sens et des relations qui en dérivent des objets explicites d’examen et de modélisation.
La différence entre les deux projets ne réside donc ni dans l’importance de la référence ni dans la valeur de sa mobilisation, mais dans le niveau auquel ils travaillent sur elle : Izetbegović construit une vision de l’être humain et de la civilisation à partir d’une référence islamique, tandis que MANHAJ étudie la structure dans laquelle s’organisent référence, sens, concepts et acte cognitif.
L’examen est lu à travers la chaîne : centralité doctrinale → origine coordonnée → domaine conceptuel → coordonnée du sens → acte cognitif, en tenant compte de la différence entre mobiliser une référence et construire un modèle méthodologique de sa structure.
Comment l’islam apparaît-il dans le projet d’Izetbegović comme référence fondamentale pour construire une vision humaine et civilisationnelle ?
Comment passer du sens de l’être humain, de l’esprit et de la matière à l’étude de la coordonnée du sens et des conditions de sa variation à l’intérieur du domaine conceptuel ?
Quelle différence y a-t-il entre construire une vision à partir d’une référence islamique et faire de l’origine coordonnée et des relations qui en dérivent un objet explicite de modélisation ?
Izetbegović mobilise l’islam comme référence fondamentale pour construire sa vision de l’être humain et de la civilisation, et refuse de réduire l’être humain à la seule dimension matérielle ou de le séparer de ses dimensions spirituelle et éthique. L’intégration des dimensions de l’être humain devient ainsi un élément essentiel de sa conception.
La méthodologie déplace la question vers un niveau explicitement fondationnel : quelle est l’origine coordonnée à partir de laquelle le domaine conceptuel se déploie ? Comment la coordonnée du sens est-elle déterminée dans ce domaine ? Et comment les relations reliant la référence aux concepts et à l’acte cognitif s’organisent-elles ?
Il fait de l’islam une référence fondamentale dans la construction de sa vision et recherche une compréhension de l’être humain qui dépasse la dualité séparant l’esprit de la matière.
Elle fait de la question de la référence et de l’origine coordonnée un élément explicite de l’analyse : quelle centralité produit le domaine et quelles relations constituent le reste de la structure ?
Il affirme que l’être humain ne peut être compris à travers la matière seule et que les dimensions spirituelle et éthique font partie de sa réalité. L’équilibre entre ses dimensions occupe ainsi une place centrale dans sa vision.
Elle ne traite pas le sens comme une valeur fixe attachée au concept dans tout contexte, mais l’étudie selon sa coordonnée à l’intérieur du domaine conceptuel et selon les conditions de sa formation.
Il mobilise des concepts et des dualités philosophiques et éthiques pour construire une vision intégrée de l’être humain et de la civilisation, dans laquelle la valeur humaine n’est pas séparée de sa dimension spirituelle.
Elle interroge le concept avant et après son emploi : dans quel domaine s’organise-t-il ? Quelle origine coordonnée lui donne sa coordonnée ? Et que devient son sens lorsqu’il est transféré vers un autre domaine ou d’autres coordonnées ?
Il construit une vision philosophique, humaine et civilisationnelle à partir d’une référence islamique et fait de la restauration de l’intégration humaine une base pour comprendre la civilisation et l’être humain.
Elle cherche à transformer la structure de la question en modèle analytique reliant centralité doctrinale, origine coordonnée, domaine conceptuel, coordonnée du sens et acte cognitif.
L’importance d’Izetbegović dans cet examen ne réside pas dans le fait qu’il aurait « atteint » les concepts de MANHAJ, mais dans le fait qu’il fournit un modèle important de mobilisation de l’islam comme référence fondamentale pour construire une vision de l’être humain et de la civilisation et pour résister à la réduction de l’être humain à un modèle matériel unidimensionnel.
Le niveau de travail de MANHAJ est différent : la question passe de quelle référence utiliser pour construire notre vision ? à comment cette référence se constitue-t-elle à l’intérieur du modèle ? Comment les domaines conceptuels en dérivent-ils ? Comment le sens est-il déterminé dans leurs coordonnées ? Et comment l’acte cognitif en dérive-t-il ?
La relation entre les deux projets n’est donc ni une relation de négation ni une relation de supériorité, mais une distinction dans le niveau de l’acte cognitif : Izetbegović construit une vision humaine et civilisationnelle à partir d’une référence islamique, tandis que MANHAJ fait de la structure de la référence, du sens et des relations qui en dérivent un objet explicite d’analyse et de modélisation.
Pour les chercheurs et les étudiants de troisième cycle, deux formats de citation sont proposés.