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Malek Bennabi et la Méthodologie de Modélisation Intellectuelle (MANHAJ)

Comparaison méthodologique sur les conditions de la renaissance, la centralité, le domaine conceptuel et la direction du regard

Introduction à la comparaison

Des conditions de la renaissance à l’examen de la structure qui produit le sens et l’action

Cette comparaison ne part ni d’une hiérarchisation entre Malek Bennabi et MANHAJ, ni d’une minimisation de la valeur intellectuelle du projet de Bennabi. Elle cherche plutôt à déterminer la position du mouvement méthodologique dans chaque projet : qu’est-ce qui rend le phénomène civilisationnel intelligible ? Quelle centralité organise ses éléments ? D’où commencent la construction du sens et l’action ?

La spécificité de cette comparaison tient au fait que Bennabi ne s’est pas limité à décrire les manifestations du sous-développement. Il a cherché à les rapporter à des conditions et des relations plus profondes liées à l’homme, aux idées, aux choses, au temps et à la civilisation. MANHAJ pousse la question à un autre niveau fondationnel : examiner la centralité doctrinale, l’origine coordonnée, les coordonnées du sens et le domaine conceptuel dans lesquels ces éléments s’organisent avant tout travail détaillé en leur sein.

Cadre méthodologique

Trois questions qui précèdent la comparaison détaillée

La comparaison est lue à travers la chaîne : centralité doctrinale → origine coordonnée → domaine conceptuel → coordonnée du sens → acte cognitif, puis le mouvement du projet est examiné selon les lois de l’approche.

01

Centralité doctrinale

Quelle centralité de référence organise les éléments du projet civilisationnel, ses concepts et ses valeurs fondamentales, et quelle place l’idée religieuse occupe-t-elle dans cette construction ?

02

Origine coordonnée et coordonnée du sens

D’où commencent les relations qui donnent leur sens aux concepts de l’homme, de la culture et de la civilisation ? Le sens reste-t-il stable lorsque le concept passe dans un domaine soumis à des conditions différentes ?

03

Direction du regard et justesse

Le regard se dirige-t-il vers l’examen des conditions du champ et de la formation du phénomène, ou vers le travail à l’intérieur d’un champ déjà constitué ? Qu’est-ce qui rend cette démarche apte à produire une connaissance opératoire ?

Remarque méthodologique : considérer Bennabi comme proche d’une approche fondationnelle ou a priori ne signifie pas le placer au-dessus d’autres penseurs, pas plus que la différence de point de départ n’annule la valeur d’un projet. La comparaison porte sur la direction du mouvement et le lieu de la fondation, non sur un classement des penseurs.
Position de référence

Malek Bennabi et MANHAJ : d’où commence la construction du modèle ?

Malek Bennabi

Bennabi dépasse l’explication du sous-développement par des manifestations partielles et relie la renaissance à des conditions complexes où s’articulent l’idée, l’homme, les choses et le temps, ainsi qu’au rôle de l’idée religieuse dans l’orientation du cycle civilisationnel. Son projet se déplace ainsi du phénomène vers ses conditions et d’éléments dispersés vers les relations qui les organisent.

Faouzi Messeoud — MANHAJ

MANHAJ déplace la question vers un niveau fondationnel plus abstrait : quelles sont la centralité doctrinale et l’origine coordonnée dont dérivent les coordonnées du domaine ? Comment le concept d’homme, de culture ou de civilisation acquiert-il son sens à partir de sa position et de ses relations dans ce domaine ?

Axes de comparaison

Quatre axes de comparaison — MANHAJ

01De la colonisabilité à l’examen des systèmes de formation
Malek Bennabi

Bennabi rapporte une dimension essentielle de la crise de la société à la colonisabilité, déplaçant l’explication du seul poids extérieur vers une disposition interne liée à la structure de l’homme et de la société et à leurs conditions civilisationnelles.

MANHAJ

La question avance de la description de la colonisabilité vers l’examen des systèmes de formation mentale susceptibles de produire l’individu dépendant et de reproduire certains modes de pensée, notamment à travers l’éducation, les médias, la langue et les autres liaisons qui structurent le domaine conceptuel.

02Conditions de la renaissance et origine coordonnée : des éléments de la civilisation à la référence du domaine
Malek Bennabi

Bennabi ne réduit pas la renaissance à la disponibilité des ressources. Il la relie à l’interaction de l’homme, du sol et du temps, au rôle organisateur de l’idée religieuse et au passage de l’accumulation à une action civilisationnelle organisée.

MANHAJ

MANHAJ reformule la question en termes d’origine coordonnée et de coordonnées : de quelle centralité dérivent les concepts de renaissance et de civilisation ? Quelles relations donnent à chaque élément son sens et sa fonction ? La stabilité du terme ne garantit donc pas celle du sens lorsque le domaine et l’origine changent.

03L’idée religieuse et la centralité doctrinale : du moteur civilisationnel à l’origine dont elle dérive
Malek Bennabi

L’idée religieuse occupe une place centrale dans l’interprétation bennabienne du cycle civilisationnel : elle constitue un élément unificateur qui oriente l’énergie de la société et donne aux relations entre l’homme, les choses et les idées une direction qui dépasse la simple accumulation matérielle.

MANHAJ

MANHAJ traite la doctrine comme une centralité doctrinale dont dérive le domaine conceptuel : sa fonction n’est pas seulement de mettre l’action en mouvement, mais de contribuer à déterminer la référence à partir de laquelle sont dérivés les concepts, les valeurs, leurs sens et leurs fonctions dans le système.

04Centralité de la culture et du système : de l’organisation du monde des idées à la modélisation des relations
Malek Bennabi

Bennabi considère la culture comme un élément organisateur de la vie et relie la construction civilisationnelle au monde des idées, des personnes et des choses ainsi qu’aux relations qui transforment ces éléments en action productive.

MANHAJ

MANHAJ transforme cet intérêt pour les relations en une formulation systémique : les nœuds, les liaisons immatérielles et le domaine conceptuel sont étudiés comme une structure qui peut être représentée et analysée, avec recherche de la centralité qui détermine la direction de ces relations et leurs sens.

Connaissance et mouvement méthodologique

De la critique de l’accumulation à la question de la dérivation

Malek Bennabi

Bennabi distingue l’accumulation des choses de la construction civilisationnelle effective : le problème ne réside pas dans la quantité d’éléments possédés par la société, mais dans sa capacité à les organiser au sein d’un cycle civilisationnel productif.

MANHAJ

MANHAJ ajoute la question de la dérivation de la connaissance à partir du domaine qui la fonde : la validité d’une information ou d’un concept en soi ne suffit pas si sa position, sa coordonnée et sa relation avec l’origine ne sont pas déterminées. La question devient alors : la connaissance est-elle dérivée à l’intérieur d’un système déterminé, et les conditions de sa dérivation sont-elles cohérentes avec la référence sur laquelle ce système repose ?

Conclusion : proximité dans la direction et différence dans le niveau d’approche

La comparaison montre que la distance entre Bennabi et MANHAJ n’est pas une simple distance de rupture. Bennabi lui-même a dépassé une lecture fragmentaire du réel, a relié le phénomène civilisationnel à ses conditions et à ses relations, et a considéré l’idée religieuse, la culture ainsi que le monde des idées, des personnes et des choses dans une structure interdépendante. Dans une lecture selon MANHAJ, cela le rapproche du mouvement qui recherche les conditions et la structure du phénomène, plutôt que des projets qui se limitent à travailler à l’intérieur d’un champ cognitif déjà donné.

Mais MANHAJ pousse la question vers un autre niveau d’abstraction : il ne se limite pas à identifier les éléments du système et leurs relations ; il interroge la centralité doctrinale et l’origine coordonnée qui déterminent les coordonnées de ces relations et de leurs sens. La recherche passe ainsi des conditions de constitution de la civilisation aux conditions de fondation du domaine dans lequel la civilisation est comprise et à partir duquel les concepts et les actes sont dérivés.

La relation entre les deux projets peut donc être lue comme une proximité dans la centralité de l’approche, avec une différence dans le niveau de fondation et de modélisation, et non comme le passage simple d’un projet « ancien » à un projet qui le « dépasse ».

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Deux formats de citation sont proposés aux chercheurs et aux étudiants de troisième cycle.

Messeoud, F. (2026). Malek Bennabi et la Méthodologie de Modélisation Intellectuelle (MANHAJ) : comparaison méthodologique. MyPortail. https://www.myportail.com/fr/compare_bennabi_faouzi_messeoud_dynamics_fr.php