Nouveauté conceptuelle
La proposition doit présenter des concepts, des agencements ou des relations qui ne se réduisent pas à un simple changement de dénomination de ce qui existe déjà.
Une réflexion sur les conditions de construction d'un modèle de connaissance et sur la manière dont sa portée épistémique se forme à l'intérieur de sa propre structure, plutôt qu'à partir de la seule identité de son auteur.
La fondation intellectuelle ne consiste pas simplement à présenter une idée nouvelle, pas plus qu'elle ne dépend du statut institutionnel ou du titre académique de son auteur. Elle consiste à construire un ensemble de concepts, de relations, de règles et de mécanismes capable de produire une compréhension organisée d'une question ou d'un domaine de connaissance.
Dès lors, la question centrale n'est pas : « Qui a le droit de dire quelque chose de nouveau ? », mais : « Qu'est-ce qui fait d'une construction nouvelle un modèle de connaissance susceptible d'être examiné, développé et appliqué ? »
Fonder consiste à passer du niveau de la proposition à celui de la construction. Une idée peut être nouvelle, mais la fondation exige qu'elle entre dans un système doté d'une structure interne dont les éléments, les relations et les fonctions peuvent être identifiés.
La proposition doit présenter des concepts, des agencements ou des relations qui ne se réduisent pas à un simple changement de dénomination de ce qui existe déjà.
Les concepts et les relations doivent être organisés dans une construction dont les unités et le mode de fonctionnement peuvent être décrits.
Le modèle doit posséder ses concepts, son point de départ et ses règles internes, afin de pouvoir construire ses propres questions plutôt que de se limiter à répondre à des cadres préétablis.
Le modèle doit produire une compréhension organisée de phénomènes ou de relations et permettre une lecture que les cadres utilisés dans le domaine n'offrent pas au même degré.
Les concepts, relations, règles et résultats doivent pouvoir être discutés, testés et développés, plutôt que de rester au niveau d'une construction impossible à examiner.
Il est possible de distinguer la reconnaissance institutionnelle de l'autorité épistémique sans les placer dans une opposition nécessaire.
Elle est liée aux institutions, aux diplômes, aux mécanismes d'évaluation et de publication et à l'appartenance aux champs académiques. Elle joue un rôle essentiel dans l'organisation et la circulation des connaissances.
Elle concerne la structure du modèle lui-même : ses concepts, sa cohérence, ses relations et sa capacité d'explication, de représentation, d'examen et de développement.
Une proposition ne devient pas une fondation par la seule abondance de ses concepts ou par l'emploi d'un langage scientifique ou mathématique. La fondation apparaît lorsque les concepts deviennent des éléments reliés au sein d'une architecture que l'on peut suivre.
Le langage mathématique ou algorithmique acquiert ici sa valeur lorsqu'il remplit une fonction constructive réelle : représenter une relation, définir une variable, formuler une loi ou fournir un mécanisme pouvant être exécuté ou testé.
Parmi les éléments de construction de la Méthodologie de modélisation intellectuelle figure le réexamen du point d'origine par rapport auquel s'organisent les concepts et les relations dans le domaine étudié.
Dans ce cadre, la centralité doctrinale est liée au point d'origine du modèle, en tant que référence autour de laquelle s'organise la structure du domaine conceptuel. Cela ne signifie pas que le point d'origine constitue une « vérité première » au sens temporel, mais qu'il représente un point de départ méthodologique pour construire les coordonnées et les relations au sein d'un modèle déterminé.
L'existence d'un nouveau modèle n'implique pas l'annulation des modèles antérieurs, pas plus que sa différence avec eux ne lui confère automatiquement une valeur. La question méthodologique consiste à déterminer le domaine de chaque modèle, son point de départ, ses concepts et ses règles, puis à rendre possible la comparaison de ce que chacun produit.
| Question | Question méthodologique | Ce que propose MANHAJ |
|---|---|---|
| Référence | Quel est le point de départ par rapport auquel s'organisent les concepts et les relations ? | Déterminer la centralité et le point d'origine coordonné au sein du modèle. |
| Domaine conceptuel | Dans quel domaine les concepts opèrent-ils et quelles en sont les limites ? | Construire le domaine conceptuel et déterminer les coordonnées dans lesquelles se déplacent les significations et les concepts. |
| Signification | Comment le contenu de la signification se détermine-t-il et comment évolue-t-il dans le domaine ? | Développer la Théorie de la signification en considérant la signification comme matière, parcours et dialectique. |
| Configuration mentale | Comment les concepts et les significations s'organisent-ils dans des structures mentales susceptibles d'agir ? | Mobiliser les Systèmes de configuration mentale et la connexion immatérielle dans la construction du modèle. |
L'examinabilité n'est pas une réserve à l'égard de la fondation, mais l'une des propriétés du modèle méthodologique. Un modèle qui définit ses concepts, ses relations, ses lois et ses mécanismes permet à d'autres chercheurs d'entrer dans sa construction, d'en discuter les composantes et de les développer.
Déterminer les concepts, leurs fonctions et leurs relations au sein du domaine conceptuel.
Tester les relations proposées par le modèle et ne pas se limiter à leur correction sur le plan linguistique.
Discuter les conditions des lois, leurs limites d'application et les résultats qui en découlent.
Évaluer la capacité du modèle à passer de la structure théorique à la recherche et à l'application dans différents domaines.
MANHAJ se présente comme une méthodologie générale de modélisation intellectuelle, et non comme un simple ensemble d'idées séparées. Sa structure apparaît à travers des niveaux liés comprenant le modèle général, les théories constitutives, les Systèmes de configuration mentale, les lois d'approche et de fondation, ainsi que les lois mathématiques et les mécanismes opérationnels.
La construction repose sur des concepts, des lois, des mécanismes et des modèles mathématiques et algorithmiques susceptibles d'évoluer avec l'extension des domaines de recherche et d'application, tandis que l'architecture générale de la méthodologie demeure une référence pour organiser cette évolution.
Un modèle fondateur n'a pas à demander qu'on y adhère avant de l'examiner, pas plus que la critique ne constitue en elle-même une négation de sa valeur. La relation juste entre le modèle et l'épreuve consiste à présenter sa structure de manière à permettre au chercheur d'y entrer et d'en discuter.
En ce sens, l'ouverture de MANHAJ à la critique ne doit pas être comprise comme un recul par rapport à sa valeur, mais comme une condition permettant à un projet personnel de devenir une construction de connaissance susceptible d'entrer dans la recherche, l'application et le dialogue scientifique.
La Méthodologie de modélisation intellectuelle ne demande pas qu'une valeur lui soit accordée à l'avance en raison de son auteur, pas plus qu'elle ne doit en être privée en raison d'une absence de reconnaissance institutionnelle. Elle présente sa construction conceptuelle, théorique, légale et opérationnelle comme objet de recherche, d'examen et de développement.
La construction du projet peut être suivie à travers les autres pages qui lui sont consacrées sur MyPortail :
Pour les chercheurs et les étudiants de troisième cycle souhaitant référencer cette page dans leurs travaux académiques, deux formats de citation prêts à l'emploi sont proposés :